Déclaration N˚01/2013/RPDH/BE 8 Mars 2013: Journée Internationale de la Femme.

Brazzaville – Pointe Noire, le 08 mars 2013. La RPDH se joint à la communauté internationale, pour célébrer la Journée Mondiale de la Femme sous le thème : « Une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». (1). Quoique cet évènement demeure un moment festif, la RPDH estime que les décideurs, et les femmes particulièrement, ne devraient guère occulter les violations et les violences dont elles sont toujours l’objet. En cette année 2013, la RPDH croit nécessaire de mettre un accent sur les violences et l’accès mitigé des femmes congolaises à leurs droits en général.

Après l’adoption de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, dont le préambule prévoit : « …le développement complet d’un pays, le bien-être du monde et la cause de la paix demandent la participation maximale des femmes à égalité avec les hommes, dans tous les domaines » ; les droits de la femme sont aujourd’hui pleinement reconnus et appuyés par diverses législations, y compris par la constitution du 20 janvier 2002, le Code de la famille. Cependant, il faut reconnaître que cette reconnaissance n’est guère pratique. Nul ne peut certes remettre en cause les efforts des décideurs congolais quant à l’application et le respect des dits droits, avec notamment la création d’un Ministère dédié à la promotion et à l’intégration de la femme au développement. Beaucoup reste cependant à faire, compte tenu des violences dont elles sont victimes par exemple. (2)

Au Congo neuf femmes sur dix subissent des violences physiques et psychologiques pendant le veuvage, tandis que deux femmes sur trois sont victimes d’expropriation après le décès du conjoint. Les violences conjugales sont encore monnaie courante au Congo, malgré les campagnes de sensibilisation sur les droits des femmes. Plus généralement, une femme sur trois a été violée, battue, ou victime d’une forme ou d’une autre de mauvais traitements au moins une fois dans sa vie à travers le monde. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S), près d’une femme sur cinq déclare avoir été abusée sexuellement avant l’âge de quinze ans.

La RPDH constate que les dispositions constitutionnelles (Art. 8) garantissant la participation de la femme dans la gestion de la chose publique, ne sont pas respectées, car le niveau de participation des femmes congolaises dans la vie publique  et leur taux de représentation aux plus hauts niveaux de la sphère de décision publique demeure très bas. Ainsi, seules trois (3) femmes sur trente huit (38) hommes ont été nommées au Gouvernement. On peut faire le même constat dans les bureaux de l’Assemblée Nationale et du Sénat au sein desquels les hommes sont majoritaires. Dans la ville de Pointe Noire par exemple, sur six (6) mairies une seule est dirigée par une femme et sur plus de trente cinq directions départementales, moins de cinq sont dirigées par des femmes.

La RPDH réalise malheureusement qu’en dépit des engagements pris, notre pays a du mal à mettre sur pied une véritable politique de parité au niveau des structures de prise de décisions.

Concernant l’accès aux droits, la RPDH déplore l’accès mitigé des femmes aux droits fondamentaux. La Conférence mondiale sur les droits de l’Homme a réaffirmé que les droits fondamentaux des femmes faisaient intégralement et indissociablement partie des droits universels de la personne. Il est essentiel pour la promotion des femmes qu’elles jouissent pleinement et sur un pied d’égalité que les hommes de l’ensemble des droits et des libertés fondamentales. A ce propos, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes affirme que les femmes doivent jouir des mêmes droits que les hommes.

La discrimination en fonction des sexes engendre de nombreux dangers pour la santé de la femme, parmi lesquels les violences sexuelles et physiques, le VIH/sida, le paludisme et la pneumopathie chronique obstructive. Cette dernière maladie est notamment causée par le fait de cuisiner sur des feux ouverts ou des réchauds traditionnels, comme cela est de coutume chez nous.

D’une manière générale, la femme congolaise a un accès limité aux droits humains, dont en particulier les droits économiques et sociaux. Les droits civils des femmes ne sont pas généralement respectés. De nos jours, plusieurs pays ont encore des législations qui ne permettent pas aux femmes de transmettre leur nationalité à leurs enfants. La plupart de ces pays sont au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique sub-saharienne.

Eu égard de ce qui précède et en vue d’améliorer l’accès aux droits de la femme congolaise, la RPDH recommande à l’Etat congolais de :
 

  • Respecter les dispositions constitutionnelles relatives aux droits de la femme ;
  • Mettre tout en œuvre pour respecter la parité dans les instances de l’Etat ;
  • Faciliter l’accès de la femme aux doits fondamentaux en général et aux droits sociaux économiques et culturel en particulier ;
  • Promouvoir l’accès de la femme à un service de santé fiable ;
  • Respecter tous les instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de la femme.

 
 
Fait à Pointe-Noire, le 08 Mars 2013
 
 
Le Bureau Exécutif
 
Contacts Presse :
Franck Loufoua-Bessi, Assistant aux Programmes : 242 05 550 45 20
Abdoulaye Sy, Assistant à la recherche : 242 05 528 44 59.
 
E-mail : rp.dh@laposte.net
Web site: www.rpdh-cg.org
 
Note:
(1): La Journée Internationale de la Femme trouve son fondement dans les mouvements ouvriers du tournant du 20ième siècle en Amérique du Nord et dans toute l’Europe. Depuis, cette journée a pris une tournure nouvelle pour les femmes des pays développés tout comme pour celles des pays en développement. C’est à partir de 1975 que les Nations Unies ont pris l’engagement de commémorer la Journée Internationale de la femme tous les 8 mars
(2) : selon les Nations Unies, « la violence faite aux femmes désigne tout acte de violence dirigée contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou la vie privée ».

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