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Brazzaville-Pointe-Noire, le 3 Mai 2012.Le monde célèbre la journée internationale de la liberté de la presse sur le thème « Les nouvelles voix : la liberté de la presse et son rôle dans le changement des sociétés ». Ce thème évocateur réaffirme le devoir de mieux protéger les journalistes face aux violations subies dans l’exercice de leur métier. La Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) saisit cette occasion pour faire l’état des lieux de la situation des médias au Congo.
La réconciliation des paiements et des recettes pétrolières couvrant la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2010 a été exécutée par l’équipe Moore Stephens entre le 27 octobre 2011 et le 10 décembre 2011 dans les locaux de l’ITIE Congo.
La mission s’est faite en deux interventions :
La démocratie par l'action citoyenne
L’expérience de la pensée unique, partout au monde, conduit le plus souvent à l’immobilisme, au retard politique, économique, culturel…
A cet égard, la déconfiture de l’ex empire soviétique avec les républiques socialistes en Afrique en a été une parfaite illustration. Cet échec a été symptomatique de la volonté d’imposer au monde une vision assise sur le ‘’ le tout rouge’’. Il convient donc d’intégrer le refus d’une société de l’unanimisme où subsistent des maîtres de la pensée, société dans laquelle le discours officiel est une vérité d’évangile.
Aujourd’hui, si notre ambition est d’ancrer durablement notre pays dans la démocratie, il est alors impérieux de cultiver la tolérance, l’acceptation de la différence et la critique. Cette dernière est par essence ce piment qui vivifie et fortifie la sauce démocratique. Cela explique, pourquoi en toutes circonstances, les libertés d’expression, d’action des mouvements citoyens, bref, les libertés fondamentales doivent absolument être préservées, auquel cas, la démocratie perdrait tout son sens.
Dès lors, tenter de neutraliser l’activité des défenseurs des droits humains au motif qu’ils sont devenus gênants, en instrumentalisant la justice comme cela a été le cas au Congo, procède d’une conception mal assimilée de la démocratie. Il y a lieu d’intégrer le fait qu’une société civile forte et active est un des gages de la consolidation de l’Etat de droit.
De même, utiliser la justice comme un moyen pour intimider et restreindre la liberté d’action et de mouvement des membres de l’opposition au point de l’infantiliser, relève d’une connaissance douteuse des principes sous-tendant la démocratie tant vantée et incantée. Pilier de l’Etat de droit, la justice devrait être un contre-pouvoir et non un service orienté vers des ambitions éloignées de la démocratie. N’oublions pas qu’une opposition forte demeure la clé pour un fonctionnement régulier des institutions et donc une opportunité pour préserver la paix.
Ce faisant, le silence assourdissant de cette même justice, quant à l’idée d’élucider les circonstances suspectes et douteuses dans lesquelles un citoyen a trouvé la mort- en l’occurrence Bruno Ossebi- témoigne d’une volonté inouïe d’asseoir les iniquités en principe, et d’ériger au Congo une société de citoyens de première et de seconde catégorie.
Or, l’Etat de droit attendu de nos vœux exige de garantir aux citoyens, à tous les citoyens, la liberté, l’égalité et la dignité en droit. Pour sa part, la liberté suppose la participation du public en toute indépendance dans le débat d’intérêt public, la participation dans la prise de décision publique.
En tous les cas, les citoyens eux-mêmes ont le devoir de se battre pour l’exercice de leurs droits, ainsi va la quête pour la liberté. Voila pourquoi, il est clair qu’un peuple qui a perdu sa capacité de revendiquer est voué à subir le totalitarisme.
Christian Mounzeo